• La Cabaret discrépant Olivia Grandville
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Le Cabaret discrépant

Un prologue

« Aussi nous verrons-nous dans l’obligation de déborder dans la salle, le hall, les couloirs, la rue et jusque dans l’imaginaire des spectateurs».

Il serait dommage de ne pas profiter de l’occasion pour faire découvrir le caractère polymorphe du lettrisme, tout comme le contexte artistique particulièrement riche dans lequel il s’inscrit. Aussi prenant pour modèle les concerts ou cabarets qu’organisaient Fluxus et Dada, je propose autour du spectacle proprement dit une série d’installations et de performances. D’autres espaces seront donc investis, suivant les possibilités du lieu, en fragments discrépants, laissant la possibilité aux spectateurs d’en organiser la mise en perspective, la cohérence, la lecture. Suivant le type de proposition, il pourra s’agir d’installations autonomes sur un ou plusieurs jours pendant le temps de diffusion du spectacle, ou en ouverture du spectacle, d’événements pensés comme un temps d’exposition.

19 ballets ciselants

« Le problème n’est plus de savoir si l’artiste sait ou non danser, mais simplement s’il veut ou non danser.»

19 ballets ciselants, en revisitant les propositions du mouvement Lettriste en matière de danse, propose une conférence performée en forme de fugue chorégraphique.

Hommage à une mouvance d’une grande inventivité formelle et critique, autant que regard sur les enjeux et les moteurs qui traversent la danse depuis une quinzaine d’années, 19 ballets ciselants réunit musicalité et composition millimétrique, engagement du corps et de la voix, ironie critique, tribune polémique et manifeste politique anti-réactionnaire d’une danse qui croit à sa place essentielle et originale.
En s’attaquant aux fondements du Ballet, Isidore Isou et Maurice Lemaître pulvérisent littéralement l’art chorégraphique de leur temps et posent avec un humour ravageur les bases d’une réflexion qui continue d’agiter la danse d’aujourd’hui. Ils inventent des processus d’écriture offrant de multiples entrées.
Les partitions de Maurice Lemaître, par exemple, constituées de consignes gestuelles très précises, dessinent une sorte d’empreinte historique de la danse en France au tournant des années 1950.

Danse de l’amorphe et de l’arythmie, de la lenteur et de l’immobilité, danse de la disparition, comment ne pas faire le lien entre ces propositions lettristes et certaines des œuvres les plus radicales de ces dernières années ! De même en ce qui concerne l’idée qui fonde leur rapport à la danse ; à savoir diviser le corps en sections mobiles et sections inertes afin de dénombrer toutes les particules possibles de l’anatomie humaine jusque dans ses éléments muqueux ou liquides ! Si l’on peut se questionner sur le caractère « scientifique » de la proposition (le Lettrisme se voulait une science !), elle n’est pourtant pas sans rappeler les pratiques somatiques en vogue dans le monde chorégraphique actuel, et source de processus d’écriture parfois réellement novateur.

 

La presse en parle

"Entourée de cinq interprètes d’exception, Olivia Grandville s’amuse de l’histoire de la danse pour en réécrire les formes et les intentions.
(…)

Lettrisme et mécanique de la danse.
Partant du principe de mouvement comme langage poétique, elle exhume les théories propres au Lettrisme d’Isidore Isou et de Maurice Lemaître dans les années cinquante, dont le Manifeste de la danse ciselante est une trace aux résonances fulgurantes. S’ensuit avec les danseurs une conférence surréaliste déboulonnant la critique, l’histoire, la forme. Le Cabaret discrépant devient alors un haut lieu d’agitation poétique, mais aussi d’expérimentations s’attachant à d’autres références comme pour mieux relire voire réécrire l’histoire de la danse. Venu de cette fabuleuse danseuse qu’est Olivia Grandville, passée par l’Opéra de Paris avant de traverser tout l’univers de Bagouet, et servi par des interprètes de haut vol, l’exercice pourrait être périlleux. Il n’en a que plus d’intérêt.", Nathalie Yokel, La Terrasse, juillet 2011.

distribution

Conception : Olivia Grandville, d’après Isidore Isou
Collaboration artistique et création lumière : Yves Godin
Interprétation : Olivia Grandville, Catherine Legrand, Laurent Pichaud, Pascal Quéneau, Manuel Vallade
Régie générale et lumière : Sébastien Vergnaud

Production : Mille Plateaux, CCN La Rochelle

Co-production : Centre de Développement Chorégraphique Toulouse / Midi-Pyrénées, Musée de la Danse - Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne, Centre Chorégraphique National de Montpellier dans le cadre du programme Domaines, Arcadi
Avec le soutien de l’association Beaumarchais et la SACD, La Ménagerie de Verre dans le cadre des Studiolab et avec le concours de Mécènes du Sud.
Le Cabaret Discrépant est un projet lauréat Mécènes du Sud 2010
Remerciements à Fanny de Chaillé, François Chaignaud, Laurent Pichaud, pour leur apport original dans cette danse.

Mille Plateaux, CCN La Rochelle, direction Olivia Grandville est soutenu par le Ministère de la culture - DRAC Nouvelle-Aquitaine, la Région Nouvelle-Aquitaine, la Ville de La Rochelle.

Textes extraits de La marche des jongleurs d’Isidore Isou (Œuvres de spectacles – © Editions Gallimard), La créatique ou la novatique d’Isidore Isou (éditions Al Dante), La danse et le mime ciselants et Fugue mimique de Maurice Lemaître (Jean Grassin éditeur), Roxana et Hymne à Xôchipilli de Maurice Lemaître (Œuvres poétiques et musicales - Éditions le point couleur), Piètre Pitre de François Dufrêne (Archi-Made - École Nationale Supérieure des Beaux Arts, coll. Écrits d’artistes), Visages de L’Avant-Garde : 1953 de l’Internationale lettriste (ed Jean-Paul Rocher), Manifeste de la danse ciselante d’Isidore Isou, Partition de la danseuse de Maurice Lemaître (extrait du 1er Sonnet Gesticulaire - la danse et le mime ciselants - Jean Grassin éditeur)