En même temps
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projet création 2026
« La guere est le pendant sombre de la fête »
Roger Caillois, L’Homme et le sacré (1939)
Synonymes d’unité, de partage, de joie commune voire de transe, associés à la recherche d’un « vivre ensemble » si recherché dans ces temps de fracture sociale, les danses à l’unisson sont aujourd’hui très présentes que ce soit sur les plateaux de danse, les réseaux sociaux ou dans l’espace public. Les projets participatifs à grande échelle se multiplient 100, 300, 1000 participants. Grâce à internet les danses deviennent « virales » et se diffractent à l’infini. À cela s’ajoute la frontalité générée par l’écran et l’effet selfie qui y règne en maître.
L’unisson est entré dans l’ère 2.0, l’ère du « Mème »
Que nous raconte cette puissance d’adhésion que génère
la synchronicité du groupe ?
Si, entre les assemblées totalitaires des chorégraphies de masse et la concorde joyeuse des Fest-noz, il y a autant de différence qu’entre le fait de partager un rythme commun et celui de scander une cadence, ils ont cependant en commun de se vouloir des événements festifs et populaires, qui embarquent les individus dans une exaltation collective à laquelle ils ne peuvent résister.
Partant du postulat que l’unisson en danse est une forme suspecte, séduisante mais dangereusement ambiguë, j’ai eu envie de mener l’enquête. La pièce pourrait ressembler à ces murs sur lesquels les commissaires de série policière épinglent les photos des suspects et tracent des réseaux de correspondance entre eux.
Ici, l’enjeu serait de cerner l’unisson, d’en traverser les styles, d’en user les vieilles ficelles, de le tenir une heure durant, sans échappatoire, jusqu’à ce qu’il se délite de lui-même, par KO.
Olivia Grandville




