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Mille Plateaux, Centre Chorégraphique National La Rochelle, abrite le nouveau projet d’Olivia Grandville depuis janvier 2022.
Mille Plateaux se veut un espace de création, d’expérimentation, et d’innovation artistique ; il souhaite refléter la vitalité et la diversité de la scène contemporaine, être une maison des cultures chorégraphiques au sens large.

Le premier semestre 2022 sera un prélude expérimental au projet dont l’inauguration est programmée pour l’automne 2022.

HABITER

Mille Plateaux est implanté à la chapelle Fromentin, un bâtiment d’exception du 17e siècle situé au cœur de la ville. Un lieu singulier et central pour un projet artistique curieux et excentrique qui embrasse les différents champs de l’art contemporain. Ouvert sur la ville et sur le monde, artistes émergents et figures emblématiques, de la scène locale à 
la scène internationale, pratiquants amateurs ou professionnels sont invités à faire projet dans ces Mille Plateaux.


DÉPLACER

Mobile et aventureux, ce nouveau CCN se délocalisera aussi pour partir à la rencontre des
habitants du territoire. Avec son Unité Mobile d’Actions Artistiques, un dispositif de diffusion itinérant qui verra le jour au printemps 2023, Mille Plateaux investira les lieux publics et les paysages pour emmener la danse partout, avec l’envie de partager un espace, de proposer des occupations in situ à même de déplacer les regards et abolir les frontières entre acteurs et spectateurs, avec une promesse : l’art comme expérience.


ACCUEILLIR

Mille Plateaux, maison des cultures chorégraphiques, engage un dialogue transgénérationnel et transculturel pour s’emparer de toutes les danses et troubler les frontières. Mille Pratiques sera le reflet de la diversité des techniques de corps qui nourrissent la danse d’aujourd’hui : voix, arts martiaux, pratiques kinesthésiques, techniques de danses multiples, des plus traditionnelles aux plus récentes, des plus savantes aux plus populaires.

Ces Mille Pratiques prendront la forme de rendez-vous :

– Les chaufferies

Le plateau de 400m2 de la chapelle Fromentin sera ouvert et mis à disposition de celles et ceux qui ont besoin d’un studio de danse pour s’entraîner, s’échauffer, répéter, toutes techniques confondues. Cette proposition s’inscrit dans le prolongement des trainings. Ouverts à toutes les danses, les pratiquants s’emparent du plateau et de l’espace sonore, une playlist est mise à disposition des participants qui peuvent également apporter leur propres sources.

les mardis soir de 18h30 à 21h — entrée libre

-Les Lundis

Pour ce premier semestre d’existence, Mille Plateaux vous proposent de revisiter vos classiques.

Ces cours techniques, qui traverseront dans le 
futur une multiplicité de pratiques, proposent ici, 
à travers l’invitation faite à divers intervenants
 de faire le point sur ce que l’on nomme les fondamentaux de la danse : le corps, l’espace, le temps, l’énergie, la dynamique du mouvement, les relations, la présence.

— 7 février avec Sidonie Duret

— 21 février avec Olivia Grandville
— 28 février avec I-Fang Lin
— 7 mars avec Sylvie Giron

— 14 mars avec Virginie Garcia

— 21 mars avec Konan Dayot

— 28 mars avec Matthieu Patarozzi
— 4 avril avec Catherine Legrand
— 11 avril avec Loïc Touzé

— 25 avril avec Yvann Alexandre

— 2 mai avec Annabelle Pulcini

les lundis de 10h à 12h — professionnels et pratiquants réguliers — 5 euros

RENCONTRER

Participez au temps de création de Foules, une pièce pensée pour un groupe composé d’une centaine de performeurs amateurs, habitants du territoire de 10 à 80 ans. Vivez de l’intérieur l’expérience d’un travail chorégraphique ! La création sera présentée pendant la saison 2022/2023, des temps de répétitions spécifiques seront organisés en amont.

INNOVER

Novateur et ludique, Faune est le plateau virtuel de ces Mille Plateaux, un pôle de productions numériques, piloté par l’artiste visuel César Vayssié. Il dévoile, à l’instar d’une programmation de spectacles, une collection particulière d’objets filmiques à découvrir à partir de l’été 2022, sur sa plateforme en ligne dédiée.

COOPÉRER

Tisser un réseau de partenaires pour soutenir mutuellement les artistes, de l’accueil en résidence  jusqu’à l’accompagnement en diffusion est une ligne directrice fondamentale de Mille Plateaux.
 Créer aussi une communauté d’artistes, pour que le CCN soit un lieu vivant, un lieu d’accueil, un lieu traversé. Pour impulser cette forte envie, nous invitons le collectif Ès (Lyon) et La Tierce (Bordeaux) à être les artistes associés du projet pour les trois premières années.

TRANSMETTRE

La notion de transmission est essentielle. Des actions avec le monde de l’éducation et de l’enseignement artistique du territoire seront menées sans oublier
 les autres publics et notamment les jeunes en formation professionnelle ou éloignés de toute culture chorégraphique mais aussi les plus anciens, toutes populations où la pratique du corps peut apporter un soin particulier dans la vie de tous les jours. 

Mille Plateaux parce qu’il nous faut trouver de nouvelles manières de penser la communauté et les territoires, parce que nous voulons proliférer horizontalement plutôt que de continuer à nous ériger, parce que nous sommes des multiplicités ouvertes, parce que l’art contemporain n’est fait que d’agencements, de logiques combinatoires qui migrent d’une discipline à l’autre, d’une culture à l’autre, et que ce nomadisme fait partie de son ADN, parce que plus que jamais cette pensée est précieuse et pertinente pour construire un art du vivre ensemble et que ses lignes de fuite nous invitent à rêver un futur désirable.


Biographie Olivia Grandville
Formée à l’Opéra de Paris (elle y danse de 1981 à 1988), Olivia Grandville s’oriente très vite vers la danse contemporaine. Entre 1983 et 1988, elle a l’opportunité de traverser, outre le répertoire classique, des œuvres de Balanchine, Limon, Cunningham, de participer aux créations de Alvin Ailey, Karole Armitage, Maguy Marin, Dominique Bagouet, Bob Wilson… Elle quitte cette maison – faute de pouvoir la changer de l’intérieur – pour rejoindre la compagnie de Dominique Bagouet (1988). Pendant quatre ans, elle s’imprègne de son écriture virtuose, précise et teintée d’humour. Puis à la mort du chorégraphe en 1992, elle co-fonde, avec plusieurs interprètes de la compagnie, Les Carnets Bagouet qui s’est donné pour but de conserver et transmettre l’héritage de ce chorégraphe.
Déjà chez Bagouet, la danseuse amorçait ses premiers
projets de chorégraphe ; elle s’y consacrera ensuite tout au long de sa carrière. Difficile de résumer en quelques mots la direction de cette artiste guidée par diverses expérimentations, son esthétique a quelque chose d’insaisissable, d’inclassable. Elle ose mêler les disciplines ou encore s’attaquer à des sujets denses et complexes, parfois clivants, comme le lettrisme et Isidore Isou dans Le Cabaret Discrépant en 2011, l’écriture complexe des Ryoanji de John Cage qu’elle met en danse en 2012 ou l’hommage qu’elle rend à la culture amérindienne à travers À l’Ouest en 2018.
Aussi habituée aux soli, à l’instar du Grand jeu dialogue avec le cinéma de John Cassavetes – qu’aux pièces pour de grands groupes – comme Foules en 2015, qui mobilisait une centaine d’amateurs – elle tisse toujours des liens étroits entre texte et chorégraphie. Plusieurs de ses spectacles ont une relation directe avec la littérature : L’Invité mystère (2014), mis en scène à partir d’un texte de Grégoire Bouillier, Toute ressemblance ou similitude (2015) basé sur un texte d’Aurore Jacob ou La guerre des pauvres (2021), adapté du roman d’Éric Vuillard. La parole fait aussi souvent irruption, la preuve avec Klein (2020), basée sur la conférence Le dépassement de la problématique de l’art, d’Yves Klein ou Débandade (2021), qui livre les récits de sept jeunes hommes pour exprimer leur rapport à la masculinité.
À partir de 2011, Olivia Grandville est installée à Nantes, elle devient artiste associée du lieu unique de 2017 à 2022. Elle y développe des dispositifs à danser comme le Koréoké (karaoké chorégraphique) et le principe de théâtre d’opérations chorégraphiques (Le Dance-Park en 2019, en collaboration avec Yves Godin). À ce moment, elle mène des projets de grande ampleur, notamment Jour de colère (2019), pour vingt-et-un interprètes du Ballet de Lorraine et débute une recherche autour des utopies, à l’occasion du cinquantième anniversaire de Woodstock, avec un groupe d’étudiants qui deviendra ensuite la création Nous vaincrons les maléfices (2020). Ce projet est le point de départ de la réflexion autour de Débandade. En 2022, elle prend la direction du CCN de La Rochelle. La chorégraphe compte y insuffler son goût pour le polymorphisme de la danse, à l’image de son parcours.